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Introduction

Mon éditeur devenait impatient à force d’attendre ce livre qui semblait ne jamais devoir se terminer. Comme je m’évertuais à lui expliquer, en plus de mon laboratoire scientifique sur le stress et mon enseignement à l’université, je devais m’occuper des enfants, du foyer, des imprévus, sans compter le temps nécessaire à mes étudiants.

Je crois donc être pressée, même très pressée, par le temps. Pourtant, sous cette pression, habituellement, je ne me sens pas stressée. Au contraire, j’adore ce sentiment d’intensité, d’accomplissement, qui accompagne le ficelage d’un dossier, la fin d’une tâche importante ou le succès couronnant la thèse de doctorat d’un étudiant. Précisons que je suis le genre de personne qui dit 100 mots à la minute, je gesticule constamment et je bouge vite. Je fais tout vite. Tellement, que les gens de mon entourage concluent (et me le disent, bien sûr) que je dois certainement être stressée au maximum. Pourtant, dans le feu de l’action, je ne me sens pas stressée du tout, même si je conçois aisément que ma façon de me comporter puisse, elle, stresser mon entourage… Ce qui est une tout autre histoire ! Un jour, un de mes collègues de recherche et moi avons convenu de faire peindre les murs d’un de nos laboratoires de recherche de couleur orange vif.

La majorité des gens qui passaient dans nos locaux s’empressaient de nous dire qu’il fallait vraiment effectuer de la recherche sur le stress pour ignorer que peindre un mur orange vif est tout, sauf zen, ajoutant que cet orange vif allait stresser tous les gens, non seulement dans le laboratoire, mais même ceux qui ne feraient qu’y passer. Ce à quoi je répondais systématiquement qu’il faut vraiment ne pas connaître le stress pour émettre un tel commentaire. Le zen n’est pas l’antistress par excellence et l’antistress infaillible n’existe pas. Vous pouvez bien peindre tous les murs de votre maison d’un beige morne, cela n’éliminera pas le stress qui vous empêche parfois de dormir le soir. J’en suis absolument convaincue, car, moi aussi, comme le reste de l’humanité, il m’arrive que le stress m’assaille et me fasse ruminer de 23 h à 3 h du matin, me laissant impatiente et bourrue le lendemain matin.

Lorsque cela arrive, mon stress déborde alors sur mes enfants et mon mari, les laissant pantois devant mes sautes d’humeur.

Par amour du stress – Sonia Lupien

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