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Extrait:

Le défi d’Aristote:

Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus.

Aristote, Éthique à Nicomaque Cela s’est passé à New York, par un de ces après-midi d’août horriblement humides qui mettent tout le monde à cran. Je rega gnais mon hôtel lorsqu’en sautant dans un bus sur Madison Ave nue, je fus surpris par l’amical << Salut ! Ça va ? » que me lança le chauffeur, un Noir entre deux âges au sourire enthousiaste, accueil qu’il réservait à tous les passagers. Ceux-ci étaient aussi décontenancés que moi, mais, murés dans leur morosité, la plupart ne répondaient pas. Cependant, tandis que le bus se faufilait dans les embouteil lages, une transformation lente et pour ainsi dire magique s’opéra. Le chauffeur n’arrêtait pas de parler, commentant ce qui se passait alentour: il y avait des soldes à tout casser dans tel magasin, une superbe exposition dans tel musée, avions-nous entendu parler de ce nouveau film dont on voyait l’affiche au coin de la rue ? Le plaisir qu’il tirait des innombrables possibilités offertes par la ville était contagieux. En quittant le bus, les passagers avaient perdu leur air morose, et lorsque le chauffeur leur criait : « À bientôt ! Passez une bonne journée ! », ils le gratifiaient d’un sourire. Cela s’est passé il y a près de vingt ans et est resté gravé dans ma mémoire. Je venais de décrocher mon doctorat de psychologie, mais la psychologie que j’avais apprise n’expliquait guère comment une telle transformation pouvait avoir lieu. Elle ignorait tout ou presque du mécanisme des émotions. Et, pourtant, en son geant à l’onde de bien-être qu’avaient dû propager à travers la ville les passagers de son bus, je compris que ce chauffeur était une sorte de pacificateur; sa capacité à transmuer l’irritabilité maussade des gens, à apaiser et ouvrir un peu leur cœur, faisait de lui une espèce de sorcier. Voici, par contre, ce que disaient les journaux la semaine der nière : Dans une école, un enfant de neuf ans s’est livré à des actes de vandalisme il a répandu de la peinture sur les pupitres, les ordinateurs et les imprimantes et saccagé une voiture sur le par king de l’école. Explication des « grands » l’avaient traité de << bébé » et il voulait les impressionner. – À Manhattan, une bousculade parmi des adolescents attroupés devant un club de rap a dégénéré en bagarre. L’un d’eux a tiré dans la foule avec un pistolet automatique huit blessés. L’article précisait que, depuis quelques années, les fusillades de ce genre, pour des motifs anodins, devenaient de plus en plus fréquentes. – Selon un rapport, 57 % des meurtres d’enfants sont commis par leurs parents ou leurs beaux-parents. Dans près de la moitié des cas, ceux-ci affirment « avoir simplement voulu punir l’en fant ». Ces corrections fatales étaient causées par des << fautes >> bénignes: l’enfant les avait empêchés de regarder tranquillement la télévision, avait pleuré ou sali ses couches. – Un jeune néo-nazi allemand a été condamné pour avoir pro voqué la mort de cinq femmes et fillettes turques en mettant le feu à leur logement pendant leur sommeil. Il avait du mal à conserver un emploi, s’était mis à boire et imputait ses difficultés aux étrangers. D’une voix à peine audible, il a déclaré : « Je suis désolé de ce que j’ai fait et j’ai honte. >> Chaque jour, des nouvelles de ce genre témoignent de la disso lution des mœurs, du climat d’insécurité et du déchaînement de

pulsions abjectes. Mais elles ne sont que le reflet global du senti ment lancinant que nous perdons tous le contrôle de nos émotions. Nul n’est à l’abri de cette alternance capricieuse d’explosions de colère et de regrets, chacun de nous en fait l’expérience tôt ou tard.

Au cours des dix dernières années, nous avons été submergés de nouvelles révélatrices de l’ineptie, de l’irresponsabilité et du désespoir qui brisent nos vies. Fureur et déchéance sont devenues manifestes, que ce soit dans la solitude des enfants que l’on laisse avec la télévision pour baby-sitter, dans les souffrances des enfants abandonnés, ou maltraités, ou dans l’affreuse intimité de la violence maritale. La dépression des uns et l’agressivité des autres sont symptomatiques d’un malaise affectif général.

Ce livre vise à donner un sens à ce qui paraît absurde. En tant que psychologue puis journaliste, j’ai suivi de près les progrès accomplis par la science dans la compréhension de l’irrationnel. et j’ai été frappé par deux tendances opposées: l’une constate l’état de plus en plus désastreux de notre vie affective, l’autre propose des remèdes porteurs d’espoir…

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