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Préface:

« Mon ami, ce visuel, m’écrivait hier de Berlin : “Ton livre des rêves m’occupe énormément. Je le vois posé devant moi achevé, et je le feuillette.” Comme j’ai envie son don de voyance ! Si seulement je pouvais moi aussi le voir posé devant moi, déjà achevé ! » (208). L’ami de Berlin, c’est Wilhelm Fließ, et la vision a sans doute lieu au début du mois de mars 1898!. Freud, lui, à Vienne, ne peut que rêver à l’achèvement de ce « livre des rêves » (Traumbuch) qu’il rédige fiévreusement. « Je suis plongé dans le livre des rêves, je le rédige avec facilité… », écrit-il à Fließ le 9 février 1898. Quelques mois plus tard, Freud dira de la « psychologie » (le chapitre VII sur la « psychologie des processus de rêve »), qu’elle a été « composée comme en rêve » (20 juin 1898), et qu’elle est entièrement écrite d’après l’inconscient, selon le célèbre principe d’Itzig, le cavalier du dimanche. “Où vas-tu donc, Itzig ?” – “Est-ce que je sais ? Demande au cheval” » (7 juillet 1898). Bien des pages dans ce chapitre VII témoignent de cette écriture débridée, proche du processus primaire, par exemple l’extraordinaire page 563. Mais, si l’on excepte le premier chapitre, sur lequel Freud aura beaucoup peiné et après lui la plupart de ses lecteurs – c’est le livre en son entier qui, porté par une pensée inspirée, est composé comme un rêve ou comme une fantaisie. « Tel quel, l’ensemble est conçu à la manière d’une fantaisie où l’on se promene. Au début la forêt obscure des auteurs (qui ne voient pas les arbres), sans perspective, pleine de chemins où l’on se perd. Puis un chemin creux caché, à travers lequel je conduis le lecteur : mon échantillon de rêve [le rêve de l’injection faite à Irma) avec ses singularités, détails, indiscrétions, mauvais traits d’esprit et puis soudain la hauteur et la perspective et la question : Pardon, où souhaitez-vous aller maintenant ? » (lettre du 6 août 1899). La métaphore, reprise au début du chapitre III, évoque un mouvement moins héroïque et dramatique que celui annoncé dans l’épigraphe (la descente aux Enfers), mais elle est appropriée. La longue exploration du rêve est d’abord

celle d’un Wanderer – flâneries et rêveries d’un promeneur solitaire. L’ouvrage ne paraîtra qu’à la fin 1899, sous un autre intitulé : Die

Traumdeutung (L’interprétation du rêve). Le Traumbuch, ainsi qu’il est nommé par Freud tout au long de sa correspondance avec Fließ, désigne couramment la « clef des songes », et c’est d’abord une nouvelle « clef des songes » que Freud entend proposer sous ce titre où l’accent principal est mis sur l’interprétation. En rapprochant les deux mots Traum (rêve) et Deutung (interprétation), Freud suggère une parenté avec l’oniromancie et la méthode d’interprétation du rêve dans l’Antiquité. » L’auteur de L’interprétation du rêve a osé prendre parti pour les Anciens et la superstition, contre l’objection de la science rigoureuse », écrira-t-il dans la Gradiva. « En présupposant que les rêves sont interprétables, je me mets aussitôt en contradiction avec la doctrine du rêve dominante, et même avec toutes les théories du rêve […] car “interpréter un rêve”, cela veut dire indiquer son “sens” » (131). Freud rejoint aussi la croyance populaire, qui attribue au rêve une obscure signification. La posture adoptée ici par Freud est à l’opposé de celle des Trois essais sur la théorie sexuelle : là, il s’agira d’aller contre la conception populaire de la sexualité, ici c’est du côté de l’« opinion profane » que Freud entend se placer (131). Par-delà cette double filiation revendiquée, le titre constitue bel et bien une proposition théorique tout rêve est interprétable parce que tout rêve a un sens, et tout rêve est un phénomène psychique à part entière » (157), « susceptible d’être inséré dans l’ensemble de l’advenir psychique » (562).

Le livre-objet matérialisé, sous une forme hallucinatoire, dans la vision de Fließ pourrait figurer ce que deviendra le rêve lui-même dans la Traumdeutung, un objet d’interprétation et un objet théorique, mais un objet, surtout, qui possède son propre ordre de réalité : un objet psychique, dont le contenu est à analyser au moyen de la nouvelle méthode d’interprétation. Celle-ci diffère de celle de l’Antiquité en ce qu’elle recours, non plus aux associations de l’interprète du rêve, mais à celles du rêveur lui-même (133, n. 2). Elle fait apparaître « un nouveau matériel psychique » (319), celui des pensées de rêve latentes. C’est ce matériel de pensée qui confère au rêve une première réalité psychique (ou plus exactement, psychologique), dont Freud ne cesse de décrire et de nommer la complexité : chaînes de pensées, cheminements de pensées, trains de pensées, voies de liaison, les termes abondent, et vont culminer dans deux images, celle de la fabrique de pensées (325), et celle de la « pelote de pensées de rêve », du « réseau inextricable de notre monde de pensée » (578). L’autre contenu, latent, du rêve doit pouvoir faire l’objet d’une analyse exhaustive – sans lacunes -, si, comme l’affirme Freud, toutes les pensées du rêve ont déjà été formées à l’état de veille et ne sont que retrouvées après coup par le rêveur. À l’objection d’un nouvel

arbitraire, Freud répond par une argumentation dont on ne peut qu’admirer la virtuosité rhétorique, à défaut d’y adhérer pleinement : « Que telle ou telle liaison de pensée n’apparaisse que pendant l’analyse, cela est certes exact ; mais on peut chaque fois se convaincre que ces liaisons nouvelles s’établissent seulement entre des pensées qui sont déjà reliées d’une autre façon dans les pensées de rêve ; les liaisons nouvelles sont en quelque sorte des circuits marginaux, des courts-circuits, rendus possibles par l’existence de voies de liaison différentes et situées plus en profondeur » (322-323). Mais l’abondance des pensées est telle que Freud reconnaîtra qu’une analyse complète est sans doute impossible : « Même lorsque sa résolution apparaît satifaisante et sans lacunes, il n’en reste pas moins toujours possible qu’à travers le même rêve se révèle un autre sens encore » (321). Enfin et surtout, Freud, interprète du rêve, nouvel Edipe devant la Sphinge ou devant le corps de la mère – concédera sa défaite en imaginant ce qu’il nomme l’ « ombilic du rêve »5. « Chaque rēve a au moins un point où il est insondable, en quelque sorte un ombilic par lequel il est en corrélation avec le non-connu » (146, n. 2). Ce travail d’interprétation (Deutungsarbeit) ne fait que répondre à un autre

travail, le travail de rêve (Traumarbeit), qui a transformé les pensées de rêve latentes en un contenu manifeste. Les mécanismes décrits, condensation, déplacement, prise en considération de la présentabilité, élaboration secondaire, constituent des apports conceptuels incontestables et reconnus. Mais la véritable innovation théorique réside peut-être dans la notion même de travail de rêve. Car ce qui travaille, ce n’est pas le rêve, mais l’appareil de l’âme. Freud dira beaucoup plus tard que le rêve nous montre « la manière dont notre âme travaille pendant l’état de sommeil »6, Dans la Traumdeutung, le rêve est une production de l’âme qui rêve » (27), ou encore une « activité particulière de l’âme » (116). Les Anciens voyaient dans le rêve le fait d’une « puissance divine ou démonique » (49). Freud y voit l’intervention d’autres puissances, celles de l’appareil animique : « Par l’interprétation du rêve, on peut, comme par l’ouverture d’une fenêtre, jeter un regard à l’intérieur de cet appareil » (257). Le rêve est transporté sur la scène psychique. Evoquant Fechner et son « autre scène »7, Freud avait confié à Fließ ce qu’était sa véritable ambition : « C’est au vieux Fechner, dans sa sublime candeur, qu’est venue à l’esprit la seule parole sensée. Le processus du rêve a lieu sur un autre terrain psychique. Je vais communiquer la première carte grossière de ce terrain » (lettre du 9 février 1898). La cartographie de l’appareil de l’âme, dans le chapitre VII, est aussi une réplique à la psychiatrie qui, dit Freud, « a mis la psyché sous curatelle » et redoute tout rappel de « l’essence métaphysique de l’âme » (72). Au terme de L’interprétation du rêve…

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