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Introduction:

Apologie du fragment

  • Tout vivant est comme un promeneur du matin.

Alain.

«Le fragment, seul genre compatible avec mes humeurs, est l’orgueil d’un instant transfiguré, avec toutes les contradictions qui en découlent. Un ouvrage de longue haleine, soumis aux exigences d’une construction, faussé par l’obsession de la continuité, est trop cohérent pour être vrai.

Cioran.

Pour nombre d’entre nous, la philosophie ne surgit qu’au plus creux de nos jours et de façon occasionnelle : lecture d’un article, passage d’un philosophe à la télévision ou à la radio, polémique autour d’un livre… Elle a pu nous occuper un peu plus au temps de nos études, mais

souvent alors elle prenait la forme d’un apprentissage scolaire et contraignant qui n’est pas nécessairement le meilleur moyen de découvrir ce que signifie penser par soi-même. Aussi bien, nous nous empressons d’oublier ces heures, étirées et éthérées, où nous étions convoqués à une méditation qui rencontrait rarement nos soucis. Sans doute un peu hâtivement, on en concluait que la philosophie est une affaire de spécialistes s’attachant étrangement à résoudre des problèmes insolubles problèmes qui, d’ailleurs, semblaient n’avoir de réalité qu’à l’intérieur d’un langage ésotérique conçu pour tenir à distance la réalité quotidienne, ainsi que les hommes quotidiens» que nous sommes tous.

Cette philosophie pour temps exceptionnel, cette philosophie du dimanche paraît réservée à quelques héros, ayant rompu d’une manière ou d’une autre avec le monde que tous les jours, parfois malgré nous il est vrai, nous retrouvons à notre réveil. À ce titre, qu’avons-nous à attendre de cette discipline ? Nous ne pouvons faire mieux que de la contempler de loin, tantôt avec envie tantôt avec détachement, comme on contemple une carte postale représentant une île lointaine où nous ne mettrons jamais les pieds. Si pour tant nous y abordons, ce sera pour un temps bref, vite rappelés aux urgences d’une vie qu’il faut vivre. Dans de telles conditions, notre intérêt pour la philo sophie ne saurait être qu’exotique et anecdotique,

et la formule de l’écrivain Roger Nimier dit drôlement la distance qui caractérise alors notre commerce avec la philosophie, terre inhospitalière et dangereuse :

« La philosophie est comme la Russie, pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands. »

Cependant, je soupçonne fort qu’une autre philoso phie existe, qui se déploie sous un autre mode, à la fois plus proche de nous et plus proche de la réalité dont nous faisons l’expérience. Une philosophie de la semaine, une pensée qui se nourrit des travaux et des jours, du temps qui passe comme du temps qu’il fait, une pensée qui suit les courbes d’une existence qui oscille entre le hasard et la nécessité, d’une existence qui se cherche sans jamais se trouver tout à fait. C’est le fil de cette pensée funambule, en déséquilibre du haut de chaque jour, toujours au bord de la chute, toujours rattrapée, que je voudrais tirer le long de ce livre. Tous les jours, tendre le fil et parcourir quelques lignes dessinant à la pensée de chaque lecteur un point d’horizon. Ce qui est proposé dans ces pages qui miment l’année, jour après jour, offrant ainsi 366 petits bonheurs philosophiques » (il ne fallait pas oublier les années bis sextiles…), c’est une philosophie à hauteur d’homme.

Proposer une pensée quotidienne afin de la mettre à l’épreuve des jours, la plonger dans l’existence qui ne souffre aucun délai, telle est l’ambition de cet ouvrage…

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