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PROLOGUE

L’homme au regard glacial traversa le vestibule d’un pasdécidé en direction du dispositif de contrôle d’accès au CERN. Il ne se souvenait pas d’avoir vu tous ces appareils de surveillance la dernière fois qu’il était venu, mais les drapeaux tricolores accrochés dans le hall lui rappelèrent que le Président français devait visiter les installations la semaine suivante. – Foutus Français !… marmonna-t-il.

Agacé, il ignora le tapis roulant sur lequel il était censédéposer le contenu de ses poches et se dirigea directement vers le détecteur de métaux. Il s’immobilisa alors, tel une momie. Un agent de sécurité suisse lui fit signe d’avancer. Levisiteur, apparemment marqué par le poids des ans, fit deux pas en avant et, tout en lisant « Jean-Claude Bloch » inscrit sur le badge qui pendait au cou du garde, il franchit le détecteur. Le portique sonna. Un scanner à la main, l’agent s’approcha. – Écartez les bras, s’il vous plaît.

L’homme s’exécuta et le garde le balaya de son scanner. Auniveau des hanches, l’engin émit un son significatif. Le visiteur mit les mains dans les poches, tel un enfant qui se serait fait prendre en train de voler des bonbons. – Ce ne sont que des clés, quelques pièces de monnaie et montéléphone portable, murmura-t-il, rien d’extraordinaire, comme vous pouvez le constater. Le dénommé Bloch le regarda d’un air désapprobateur etdésigna le tapis roulant : – La prochaine fois que vous viendrez ici, vous y déposerezvos objets en métal. Ça nous facilitera le travail, dit-il, une pointe d’irritation dans la voix.L’inconnu maugréa et le garde, impassible et tout à sa tâche,reprit l’examen à l’aide du scanner. Il le passa sur les jambes, puis ordonna à l’homme d’ôter ses chaussures. Il fit glisser ensuite l’appareil le long de ses épaules et de ses bras. Lorsqu’il arriva à la poitrine, l’appareil émit un nouveau son. – Merde ! vociféra le vieux, contrarié.

J’ai oublié mon petitjoujou. Il plongea la main à l’intérieur de sa veste. Le gardeécarquilla les yeux, atterré, lorsqu’il vit le visiteur sortir un revolver de sa poche. Il recula d’un bond, se figea un instant, puis dégaina son arme d’un mouvement rapide. – Pas un geste ! cria-t-il, tenant en joue le visiteur. On nebouge plus ! Alertés par les hurlements de leur collègue, les autres agentsde sécurité sortirent leurs armes à leur tour.

L’alarme commença à retentir dans le hall, provoquant une confusion totale. Certaines personnes se mirent à crier, d’autres couraient vers la sortie. En un instant, la tranquillité avait laissé place au chaos généralisé. – Allons, messieurs, n’exagérons rien, ce n’est que mon vieuxcolt ! Un honnête citoyen ne peut plus se protéger dans un monde si violent ? – Pas un geste ! insista Bloch, son Glock de service pointévers l’intrus.

Baissez-vous lentement et posez votre arme par terre. – Il fit un geste menaçant pour souligner son ordre. – Très lentement, vous avez entendu ? Au moindre mouvementsuspect, je n’hésiterai pas à tirer. – C’est bon, c’est bon ! rétorqua le visiteur, apparemmentpeu impressionné par toute cette agitation. Je connais la procédure, ne vous en faites pas. Le vieux se baissa doucement et posa son colt par terre. Puisil se releva, les bras en l’air. Du bout du pied, le garde qui se trouvait près de lui écarta le pistolet puis, tranquillisé, désigna le sol avec son arme.

La clé de salomon

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