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Préface

J’ai rencontré Douglas Kennedy à l’occasion d’un article sur les erreurs. Celles que nous faisons, et les conclusions que nous pouvons en tirer pour la suite de nos vies. À la fin de l’entretien, je lui ai demandé s’il accepterait de m’écrire un petit texte sur le livre qui l’avait aidé dans sa vie. « Et surtout pourquoi », ai-je ajouté, alors qu’il fonçait déjà vers les escaliers.

C’était le sous-estimer. Il avait bien saisi ma demande. La preuve, ce texte que j’ai reçu quelques semaines plus tard.Lors de notre rencontre, il m’avait longuement parlé des conflits entre ses parents, de la manière dont il en avait été affecté et des conséquences dans sa vie d’adulte. C’est encore ce thème qui revient ici, assorti de l’idée centrale chez lui selon laquelle nous sommes responsables de nos malheurs.En lisant son texte, j’ai compris combien le livre de Richard Yates avait pu être une aide, peut-être pas une aide, d’ailleurs, sans doute davantage quelque chose comme une lampe qui éclaire brusquement ce que l’on ne pouvait voir jusqu’alors…

Douglas Kennedy m’a fait un cadeau. Qu’il en soit remercié.*Le livre qui a le plus de signification à mes yeux, c’est La Fenêtre panoramique de Richard Yates. D’une lucidité dévastatrice et d’une franchise sans compromis, il est sans doute le roman le moins complaisant jamais écrit sur la fin d’une vie que l’on refuse pourtant de voir arriver.L’histoire est d’une grande simplicité : un homme et une femme se rencontrent à New York après la guerre, tous deux encore immatures et incertains de leur place dans le monde. Elle est enceinte. Ils se marient.

Un deuxième enfant arrive rapidement. Ils se persuadent de la nécessité de ce banal compromis : une vie en banlieue, alors en pleine expansion. Mais alors réalisent-ils qu’ils sont piégés dans le cul-de-sac qu’ils ont eux-mêmes bâti. Et c’est une explosion émotionnelle qui commence.  Ayant moi-même été élevé au sein d’un mariage d’après-guerre, d’une explosivité « strindbergienne », la géographie tant physique qu’émotionnelle de ce roman m’a heurté de plein fouet, tout comme le thème central de l’enfermement de soi par soi. Yates maîtrise son sujet à la perfection, à savoir le dysfonctionnement d’un mariage, et son écriture est d’une brutale honnêteté lorsqu’il détaille la manière dont le couple du roman – Frank et April Wheeler – exprime son désespoir en s’attaquant l’un à l’autre.

Ces livres qui nous font du bien – Christilla Pelle Douël

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